L’adieu aux armes

Certain.es d’entre vous ont peut-être remarqué que j’ai fui les réseaux sociaux. Tel un gueux délestant les places publics, ses crieurs, ses diseurs de bonne aventure, ses trublions et autres oiseaux de mauvais augure, j’ai pris mon barda numérique et quitté la cité 2.0. Peut-être que certain.es d’entre vous ne s’en étaient pas rendus compte, après tout, nos avatars ont un tel ego qu’ils s’imaginent que Facebook ou Instagram tournent grâce à eux.

Si j’écris cet article, c’est pour expliquer le pourquoi de la chose à ceux et celles que ça intéresserait et surtout pour vous dire : non, je ne vous ai pas bloqué ! (bon sang, ça me fait toujours penser à cet épisode de Black mirror où on peut bloquer les autres IRL, et dont une image illustre cet article)

Ça fait déjà un moment que j’en avais envie, mais je n’osais pas franchir le pas. Parce que c’est sympa de rester en contact avec certaines personnes qu’on ne voit plus guère, en général pour une raison très simple : parce que nos vies ont pris des chemins différents. Les réseaux sociaux sont de formidables outils pour garder près de soi des gens qu’on apprécie, ou qui nous apportent des choses positives. Ou simplement pour savoir ce qu’ils deviennent. Tourner cette page n’est pas simple. J’ai l’impression de dire à ces gens qu’ils ne m’intéressent plus. Ce n’est pas le cas du tout.

En tant que plus ou moins déprimé chronique, je m’efforce de cultiver le positif et de cultiver les bonnes ondes, tout en repoussant les éléments toxiques qui me pourrissent la vie. Il m’a donc suffi de dresser un constat simple : les réseaux sociaux sont devenus davantage toxiques que positifs dans ma vie. Partant de là, il n’y avait pas plusieurs solutions. C’était la suppression pure et simple. (pas si simple, d’ailleurs , puisqu’il semble impossible de supprimer son compte Facebook, ce qui en dit long sur le caractère intrusif et dictatorial de ce machin qui fut créé, rappelons-le, pour consommer une vengeance) Je me suis dit que ceux / celles qui me suivaient sur Facebook pour mes écrits connaissent l’existence de ce blog et ne manqueront pas d’y faire un tour. Que ceux ou celles qui me suivaient parce qu’on se connaît IRL et parce qu’on s’apprécie ont d’autres moyens de me joindre. Et que les autres ne sont pas si importants dans ma vie. Est-ce qu’on a vraiment besoin de savoir ce qu’untel, dont on ne partage presque aucune opinion, pense de la limitation à 80km/h, et est-on vraiment obligé d’en débattre pendant deux heures pour ensuite ressasser tout cela pendant trois jours, en se disant qu’on est quelqu’un d’obtus ? Sachant que pour débattre, il faut que les différents interlocuteurs soient à même d’accepter que leur avis n’est pas gravé dans le marbre. Or, Facebook, précisément, fabrique des pensées en marbre, en acier trempé, des convictions indéboulonnables. Il n’y a aucun débat sur les réseaux sociaux, seulement des oppositions d’egos. Et je précise, si besoin est, que je ne suis pas exempt de ces défauts.

C’est pour cela que les divers mouvements réactionnaires et les partisan.es des théories du complot prolifèrent si bien sur Facebook. Si je l’ai vu sur Internet, c’est que c’est vrai. Les études scientifiques, les années d’étude, les réflexions collectives ne pèsent plus rien face à l’argument imparable du c’est la vérité, et si vous me dites le contraire, c’est que vous faites partie du complot. Derrière chaque campagne nauséabonde, on trouve de faux profils, créés par des organismes obscurs à la solde de commanditaires qui se frottent les mains (et ça aussi, on dirait une théorie du complot, pas vrai ?). Les fake profils servent les fake news. A une échelle plus réduite, ça fait un moment que je m’étais rendu compte qu’il était devenu impossible de simplement dialoguer.

Dont acte.

Afin de rester visible, pas pour mes articles dont le monde saura très bien se passer, mais pour mon actualité d’écrivain – qui va connaître quelques rebondissements très positifs, pour le coup -, je vais rester sur Internet via ce site. Je vais renommer le décapsuleur à mon nom et le consacrer à mes écrits et à la vie d’auteur. Je n’écrirai donc plus de critiques littéraires, mais je laisserai par contre mes chroniques infirmières et mes articles sur le cinéma en lecture libre. Le site restera gratuit et sans publicités, comme il l’a toujours été. 

En vous souhaitant à tous et toutes de bons voyages virtuels ou IRL, et surtout de bonnes lectures, et en espérant vous retrouver ici.

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