Soleil levant, deuxième partie : Nara

Le Japon : suite du carnet de voyage. Jour 4.

Coucher tard, lever tôt ! Après trois jours express où on a sillonné Kyoto en vélo, on a filé sur Nara, située à 40 kilomètres. Pas en vélo mais en train. L’occasion de vous parler un peu des trains Japonais : Tout le monde connait le Shinkansen, fierté nationale qui circule depuis le milieu des années 60.

Entre Kyoto et Tokyo

Shinkansen : vue intérieure

On a pris deux fois le Shinkansen, comparable en rapidité au TGV. La différence, c’est que le Shinkansen cumule en moyenne, depuis sa mise en service, un retard de… 36 secondes. L’autre différence, à part la place disponible pour les jambes (je pouvais les étendre complètement alors que je dépasse en taille la majorité des Japonais), c’est qu’il s’agit du train le plus propre que j’ai jamais vu. Il y a une raison à cela : a chaque arrivée au terminus, un bataillon de femmes de ménage le remet comme neuf. On les a vus faire, c’est impressionnant d’efficacité ! Et au Japon, ce qu’on en a vu du moins, tout le système de transport est à l’avenant : bus, trains régionaux, métros sont à l’heure et d’une propreté hallucinante. (La palme revient à Tokyo. C’est à peine imaginable. Une ville de 40 millions d’habitants et leur métro est nickel…) Etant usager régulier de la SNCF, j’étais abasourdi par la qualité de service. Dans chaque gare ou station de métro, vous trouverez un agent qui parle anglais et qui sera à même de vous aider. Tout est prévu pour les handicapés et les fauteuils roulants. En outre, s’il est possible de réserver une place assise, les trains proposent plusieurs wagons sans réservation. Ce qui fait que si vous voulez prendre un train plus tôt ou plus tard que celui que vous avez réservé, c’est tout à fait possible. Pour la petite histoire et pour clore cette aparté sur les trains, les ingénieurs Japonais ont testé récemment leur tout dernier train : un modèle Maglev à suspension magnétique. Un train sur coussin d’air qui a battu le record du monde de vitesse en filant à 603 km/h. 

Bref, si vous voulez aller à Nara depuis Kyoto, le train est conseillé. D’autant que si vous êtes un touriste, vous aurez certainement acheté le JR Pass avant de partir. Vous rentrez dans vos frais avec un A/R Kyoto – Tokyo et vous avez accès à tout le réseau JR du pays + le metro Yamanote de Tokyo et certaines lignes de train comme la Chuo line.

Nara

Cervus Nippon

Bon, revenons à nos moutons, à nos cerfs plutôt, et parlons un peu de Nara. Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit du shintoïsme, et du caractère éphémère de toute chose ? Jusqu’en 710, cette croyance s’appliquait également aux palais impériaux. À la mort de l’empereur, le palais était détruit et reconstruit dans une autre région. Or, partir de 710, la capitale devint fixe et Nara fut la première capitale du Japon. Elle le resta jusqu’en 784. Alors, faut-il vraiment aller à Nara lorsqu’on passe si peu de temps au Japon ? La réponse est oui, mille fois oui. Le trajet Kyoto – Nara – Tokyo (soit les trois capitales), vous permet de vous immerger dans l’histoire politique, religieuse et architecturale du pays. Nara est une merveille, un bijou qui réserve des lieux empreints de magie et d’une poésie sorties tout droit d’un film de Mizoguchi. Bien sûr, vous irez pour le Todai-ji et le monumental Bouddha cosmique, le Daibutsu. C’est spectaculaire.

Nara

Daibutsu

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Grand Bouddha cosmique de Nara, haut de 15 mètres, pesant 450 tonnes (dont 130 kgs d’or), est une des plus grandes sculptures en bronze du monde. Le Bouddha cosmique est celui duquel émanent tous les autres Bouddhas. La statue fut commandée par l’empereur Shômu (pour enrayer une épidémie de variole. Et après, certains se plaignent que la vaccination coûte cher…) et a été plusieurs fois endommagée, perdant sa tête à deux reprises.

Nara grand bouddha

Nara

Le Grand Bouddha

Les deux mains du Bouddha font des signes qui signifient “Bienvenue” et “N’ayez pas peur”.

Grand Bouddha de Nara

Bienvenue

Nara

N’ayez pas peur

À gauche du Grand Bouddha se tient Kokuzo Bosatsu, le bodhisattva de la Mémoire et de la Sagesse.

Nara

Kokuzo Bosatsu

Les deux gardiens du Bouddha sont Komokuten sur sa droite et Tamonten à sa gauche. La pagode que celui-ci tient dans sa main représente un grenier divin de la sagesse.

Nara

Tamonten

Nara

Komokuten

À gauche du Bouddha se tient aussi Nyoirin Kannon, un des bodhisattvas qui règne sur les six royaumes de la renaissance karmique, tandis que 16 autres petits Bouddhas entourent la tête du Daibutsu.

Nara

Nyoirin Kannon

Nara

2 des 16 Bouddhas qui auréolent le Daibatsu

Le Daibutsu est donc spectaculaire, mais c’est en fait le Todai-ji dans son ensemble qui est incroyable. Il était d’ailleurs intéressant de commencer par les temples de Kyoto avant d’atteindre cette apogée. Ainsi, le Daibutsu-den, le bâtiment qui abrite le Grand Bouddha, est un des plus grands édifices en bois au monde, bien qu’il ne fasse plus que les deux tiers du bâtiment initial. (il fut reconstruit en 1709)

Nara

Le monumental Daibutsu-den

Nara

Le Daibutsu-den

Il existe une randonnée courte et très sympa, que je vous conseille de faire. L’entrée coûte 200 yen et vous donne accès à un parcours sympa et escarpé d’environ 1 heure, qui vous mènera sur les hauteurs de la ville.

Nara

Le Daibatsu den

En tant qu’occidentaux, ce sont des architectures et des statues que nous n’avons pas du tout l’habitude de voir. Mais ce qui est peut-être encore plus frappant, c’est la manière très désinvolte avec laquelle les Japonais traitent leurs idoles. On n’imaginerait pas trouver une boutique de babioles à 2€ dans la chapelle Sixtine ou dans la basilique Saint-pierre. Pourtant, à quelques mètres à peine du Grand Bouddha, des étals de 10 mètres proposent toutes sortes de porte-bonheur et d’amulettes (les Japonais sont superstitieux à l’extrême) à 200 yens, dans l’enceinte même du Daibutsu-den. Étonnant.  Et d’un certain côté, assez rafraîchissant en ces temps troubles où les fanatiques religieux tentent d’imposer leurs dogmes et leurs Dieux… En tout cas, si cette visite justifie à elle seule le trajet jusqu’à Nara, elle est loin de constituer le seul point d’intérêt de la ville.

Vous irez aussi à Nara pour profiter du grand parc (500 hectares) de Nara-Koen et caresser quelques uns des 1200 cerfs (Cervus Nippon ou cerf Sika) qui s’y promènent en liberté. Pourquoi pas, visiter le musée de la ville consacré à l’art bouddhique (on a pas pris le temps d’y aller).

Nara

Les cerfs de Nara devant le Nandaimon, la porte du Todai-ji

Nara

La pagode à 5 étages, située à l’entrée du parc

Nara

Les lions

Mais vous irez surtout pour vous balader, flâner parmi les lanternes de pierre recouvertes de mousse et vous émerveiller des splendeurs plus ou moins cachées, en vous éloignant des masses de touristes Chinois qui se concentrent autour du Todai-ji. En prenant votre temps, en gardant le silence, vous sentirez peut-être émaner de ces sentiers millénaires une présence apaisante et indicible, mystérieuse et envoûtante. Oui, il y a quelque chose de magique à Nara…

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

Nara

 Après cette escapade, on a repris le train et récupéré nos cultissimes Mimolette et Boul’mich, direction la gare de Kyoto, en passant par le marché de Nishiki situé en centre-ville.

Kyoto

Mimolette

Kyoto

Les boul’mich

Le marché de Nishiki est à voir. C’est toujours intéressant de parcourir les marchés à l’étranger.

Kyoto

Marché de Nishiki

Kyoto

Marché de Nishiki

Quant à la gare de Kyoto, elle est hallucinante et vous devriez impérativement vous y rendre. Vous vous doutez bien qu’avec son architecture très SF, elle ne pouvait que me plaire. Surtout qu’ils organisent carrément des spectacles visuels sur les escaliers, avec des LED (là, c’était pour Halloween, qui a l’air de les rendre complètement dingues).

Kyoto

La gare de Kyoto

Kyoto

La gare de Kyoto

Kyoto

La gare et ses escaliers…

Kyoto

Avec des LED !!!! Juste des LED !!

La gare est surplombée de boutiques et de restaurants (il y en a une dizaine). Ils ne sont pas très bon marché et sont remplis de touristes, donc essayez de manger ailleurs si vous avez le temps. Mais à défaut, ça fait l’affaire. Et puis vous ne serez pas malades. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’un Japonais de vous faire manger des aliments avariés. Comme il ne viendrait jamais à son esprit de vous arnaquer. Ça ne se fait pas. Avec la nourriture, vous n’aurez donc que peu de mauvaises surprises. Parfois, vous ne saurez pas ce que vous mangez, et au pire vous n’aimerez pas le goût. Nous, ce soir-là, on a découvert le Okonomyaki, un plat typique du Kansai. C’est une sorte d’omelette au chou proposée avec différentes garnitures et que vous ferez cuire vous-mêmes sur une plaque chauffante au milieu de la table. C’est excellent. Précisez que vous ne voulez pas de mayonnaise (enfin, sauf si vous aimez ça, n’est-ce pas Fred V ?) parce qu’ils en raffolent et en mettent partout !

Cette seconde partie s’achève ici et j’espère que ce modeste carnet de voyage vous donne envie de découvrir ou redécouvrir le Japon.

La suite du carnet nous mènera à Tokyo, mégalopole excentrique et disciplinée à la fois.

Kyoto

Ça c’est de la bagnole


Voyage au Japon, première partie : Kyoto

1 Commentaire le Soleil levant, deuxième partie : Nara

  1. Très bons souvenirs de Nara. J’ai bien eu envie de me faire un civet de daim aussi…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.