Au panthéon des connards

Connard : nom masculin, insulte désignant une personne – ou un animal, voire un objet –  qui se comporte de façon déplaisante ou déplacée, par manque d’intelligence, de savoir-vivre ou de scrupules. Ou pourquoi pas dans le seul but fondamentalement amusant de  foutre le bordel. (au risque de se faire taper sur la gueule à coups de barre à mine)

Le monde est plein de connards. Il faut savoir que celui-ci se différencie du simple con de base par sa capacité à repousser les limites de l’indécence et de la stupidité, vers des sommets inaccessibles aux simples imbéciles. “Les cons osent tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît”, nous disait Michel Audiard. Le connard, lui, est un cran au-dessus, pousse le raffinement à un point qui stimule l’imagination de l’artiste.

On est tous le connard de quelqu’un, c’est un fait. Mais comme dans chaque compétition, il y a des poids-lourds, des références, des maîtres -étalons en la matière, qui nous poussent à l’excellence et au dépassement de soi.

En tant qu’écrivain de merde, les connards sont pour moi une source d’inspiration inépuisable, ils sont ma muse, les déclencheurs de ma folie créatrice, les anabolisants de mon cortex cérébral.

Le connard est fascinant, à la fois singulier et pluriel, on le trouve dans toutes les couches de la population, il peut être de toute origine, croyance ou couleur de peau. On peut-être un connard riche, pauvre, et même maître du monde.  J’en veux pour preuve les témoignages divers et variés que j’ai reçu et que j’ai décidé de rassembler en une anthologie formidable que je vous expose ci-dessous. Toute ressemblance blablabla n’est pas un hasard et est évidemment sciemment voulue.

 

 

Monsieur D. :

La dernière fois que j’ai écrasé un gosse avec le pare buffle de mon 4X4, j’ai déclaré au juge que je n’avais pas fait exprès, et que le gosse était trop petit pour que je le voie dans mes rétros. Mon avocat s’est retourné contre le constructeur et les parents du gosse – z’avaient qu’à le surveiller – et je m’en suis sorti. Le connard authentique s’en sort toujours, NDLR. Cette pathétique histoire – j’ai dû refaire mon pare buffle et c’était cher – m’a valu de me faire traiter de connard cynique par les gauchiss. Pas faux, j’assume. Et je m’en fous. Maintenant, dégagez de mon chemin.

 Monsieur L. :

Le monde va mal parce que les tocards – j’entends par là tous les imbéciles qui bossent honnêtement lol – sont plein de mauvaise volonté. Si ces pauvres cloches qui se lèvent à 6 heures du mat’ acceptaient de le faire gratuitement, il n’y aurait plus de chômage et je toucherai de meilleurs bonus pour avoir fait économiser du pognon à ma firme. Mais on vit dans un monde d’assistés, que voulez-vous, ça ne s’arrangera pas. Il faudrait supprimer le RSA, la sécurité sociale, les retraites et le Smic, et là on y verrait déjà plus clair. J’aimerai bien un nouveau jet privé G5, tiens, au fait.

 

Madame E. :

JE est un sale type, qui s’exprime toujours à la première personne du singulier. Alors qu’en étant IL, il serait enfin quelqu’un de bien. Quel connard.

 

Monsieur J :

Jackson aurait pu tout avoir.
Mais Jackson était un connard.
Et comme tous ceux de sa race, il préféra claquer tout son pognon jusqu’au dernier cent, essentiellement en coke et en putes.

 

Monsieur X :

Le type était un connard et un fils de pute. C’est donc tout naturellement que Edel Dixon lui éclata la gueule. Le sang gicla depuis le pif brisé jusque sur le costard du connard, et Edel Dixon s’essuya les mains dans un vieux mouchoir raidi de foutre et de morve. “Ça t’apprendra à être un connard”, qu’il lui dit.
Et il partit d’un pas léger.

 

Cette rubrique sera régulièrement mise à jour. (ou pas)

1 Commentaire le Au panthéon des connards

  1. SissiSoleil // 3 avril 2014 á 13:15 // Répondre

    Un connard serait donc un con très ambitieux.

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